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Écrit par Hervé Koffel publié le jeudi 04 juin 2026
Cité de la natation Toulouse : le permis ouvre la voie au chantier
La mairie de Toulouse a annoncé la délivrance du permis de construire de la Cité de la natation le 19 mai 2026. Ce coup de tampon ouvre la voie à un chantier de 33 millions d'euros sur l'île du Ramier. Le futur équipement des Dauphins du TOEC doit accueillir trois bassins, dont un bassin olympique baptisé Léon Marchand, pour une ouverture prévue à la rentrée 2028.
Le projet bascule du dossier au chantier
Comme pour la construction d'un programme immobilier neuf, un projet d'une telle envergure doit bien évidemment disposer d'un permis de construire valide pour pouvoir être officiellement lancé. Celui-ci avait été déposé en mairie le 14 novembre 2025, après plusieurs mois de discussions avec l'architecte des Bâtiments de France et les services d'urbanisme. La décision administrative est intervenue le 18 mai 2026 selon Touléco, et la mairie en a fait l'annonce officielle le lendemain. Le porteur du projet, le club des Dauphins du TOEC, va désormais entrer en phase opérationnelle. L'étape administrative est importante, sans pour autant mettre le projet à l'abri d'un recours de tiers durant la phase d'affichage sur le terrain.
L'équipement s'implantera en lieu et place du Hall 7 de l'ancien parc des expositions de Toulouse. Le site jouxte les installations actuelles du club, à proximité du Stadium municipal. Le calendrier prévoit la démolition à l'automne 2026, le démarrage du chantier début novembre 2026, puis l'ouverture à la rentrée de septembre 2028. Ce millésime coïnciderait avec le 120e anniversaire des Dauphins du TOEC, club fondé en 1908.
Un trio de bassins et un programme élargi
Trois bassins composeront le cœur de l'équipement. Le plus visible siégera sur le toit : un bassin olympique extérieur chauffé de 50 mètres et dix lignes d'eau, baptisé bassin Léon Marchand, en hommage au quadruple champion olympique formé au club. Particularité notable, cette structure réutilisera une partie du bassin d'échauffement de la Paris La Défense Arena, où s'entraînaient les nageurs pendant les Jeux olympiques de Paris 2024. Au premier étage, deux bassins de 25 mètres seront dédiés à l'apprentissage des scolaires.
Le complexe accueillera des espaces de préparation physique (musculation, fitness, étirements), des cabinets pour professionnels paramédicaux (kinésithérapie, ostéopathie, nutrition, cryothérapie), un pôle de formation aux métiers du sport, une brasserie et des salles de réunion. La conception architecturale a été confiée à l'agence Jean-Paul Viguier & Associés, qui a dessiné un édifice sur pilotis. Le club espère ainsi accueillir 500 à 1 000 nouveaux adhérents, contre environ 2 000 actuellement.
Un montage financier à 33 millions d'euros
Le tour de table mêle subventions publiques, mécénat privé et dette bancaire. Les fonds publics comptent pour près de la moitié de l'enveloppe totale, dont voici le détail :
| Source de financement | Montant | Part |
|---|---|---|
| État (ministère des Sports) | 4,4 M€ | 13 % |
| Région Occitanie | 4,0 M€ | 12 % |
| Département de la Haute-Garonne | 4,0 M€ | 12 % |
| Ville de Toulouse | 4,0 M€ | 12 % |
| Mécènes et partenaires privés | 5,0 M€ | 15 % |
| Crédit bancaire (porté par le club) | 12,0 M€ | 36 % |
| Total | 33,4 M€ | 100 % |
Source : déclarations de Vincent Gardeau dans La Dépêche
Les chiffres détaillés totalisent 33,4 M€, légèrement au-dessus de l'enveloppe ronde communiquée à 33 M€. Le club espère encore augmenter la part privée pour alléger le recours à l'emprunt. Pour rembourser la dette, le modèle économique mise sur la location d'espaces à des kinésithérapeutes, à un pôle médical et à une brasserie, ainsi que sur la hausse des licenciés.
La contribution de l'État remonte à novembre 2024, lors d'un déplacement à Toulouse du ministre des Sports Gil Avérous. Le bassin réinstallé sur le toit ne relève pas, lui, d'un financement public direct : il appartient au constructeur italien Myrtha Pools, fournisseur des piscines des Jeux, qui l'a réservé en exclusivité à Toulouse à la même période.
Une complémentarité revendiquée avec le plan piscines municipal
La Cité de la natation arrive dans un paysage local déjà animé. Toulouse a lancé en 2017 son plan piscines, doté d'une enveloppe initiale de 30 millions d'euros, destiné à rénover ou créer des bassins municipaux. Le calendrier a glissé : la piscine Pech-David - Yvonne Godard a rouvert le 15 avril 2025 après presque deux ans de travaux, et le chantier de la piscine Toulouse-Lautrec (12,6 M€ d'opération) court désormais jusqu'à juin 2027. Le budget 2025 de la Ville prévoit 6 M€ pour le plan piscines, dont 3,4 M€ pour Toulouse-Lautrec.
L'opposition écologiste juge le rythme insuffisant pour les clubs amateurs. La majorité en place défend, elle, une logique d'addition. La Cité de la natation libérerait, selon la municipalité, l'équivalent de trois piscines de 25 mètres dans les bassins municipaux, soit plus de 900 heures hebdomadaires de créneaux. Une promesse à vérifier à l'usage.
Paroles d'élus et de porteurs
Le maire de Toulouse a salué l'avancée du dossier dans un communiqué relayé par la presse régionale. « Ce nouvel équipement viendra renforcer l'excellence sportive de Toulouse grâce à ses infrastructures, dont un bassin olympique "Léon Marchand", symbole du talent toulousain et de notre identité sportive », a déclaré Jean-Luc Moudenc le 20 mai 2026.
Du côté du club, l'attente s'est faite longue. « On est pressé que ça se mette en place, de voir les premiers coups de pioche », a confié Michel Coloma, directeur général des Dauphins du TOEC, à l'Agence France-Presse. Vincent Gardeau a résumé la complexité du bouclage budgétaire : « Rien ne s'est fait tout seul », dans les colonnes de Touléco le 1er juin 2026.