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La mise en service du téléphérique toulousain repoussée

Le téléphérique toulousain est attendu par des milliers de personnes depuis l’annonce de sa mise en service. Initialement, il devait être opérationnel à la fin de cette année, mais il faudra patienter jusqu’au premier semestre 2022. L’arrivée de ce téléphérique urbain est une véritable aubaine pour de nombreux secteurs, notamment celui du marché de programmes neufs à Toulouse qui connaîtra sans doute une forte augmentation. Voyons de plus près les détails du projet et l’avancement des travaux.

Un chantier spectaculaire qui durera plus que prévu

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Le futur téléphérique urbain de Toulouse, Téléo, ne pourra pas accueillir ses premiers passagers avant plusieurs mois. En effet, Jean-Michel Lattes a annoncé que sa mise en service sera repoussée au premier semestre 2022.

Un projet qui revient de loin

Les prémices de ce projet plus qu’ambitieux remonte à plus de 10 ans. C’est l’ancien député, Philippe Douste-Blazy, qui avait lancé l’idée d’installer un téléphérique urbain en 2008. Le trajet imaginé à l’époque devait relier l’Oncopole, l’hôpital Rangueil et l’université Paul-Sabatier. Le projet a été classé sans suite à l’époque, car même les techniciens de Tisséo avaient encore des doutes sur le sujet. Plus tard, des études sont réalisées pour le lancement du futur téléphérique toulousain et le projet a pris forme sous le mandat de Pierre Cohen. Il avait été initialement baptisé Aérotram.

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En 2014, l’idée de la mise en place du téléphérique est reprise par Jean-Luc Moudenc, à son arrivée au Capitole. Le projet prendra finalement le nom de Téléo et sera intégré dans la « ceinture Sud » du plan de déplacements urbains (PDU).

Le chantier a ouvert ses portes au début de l’année 2019, avec la collaboration de Bouygues-TP (choisi par appel d’offres) et Poma (leader des téléportés en France). Dès le départ, les responsables du projet ont tenu à faire de Téléo un des téléphériques les plus sûrs qui existent sur le marché. Ainsi, il sera doté d’équipements à la pointe de la technologie, à l’instar de la technologie 3S (l’installation est composée d’un câble tracteur et de deux câbles porteurs). Cette dernière permet de bénéficier d’un téléphérique plus sûr et plus silencieux par rapport au système monocâble.

Des prévisions de mise en service à la fin 2021

Encore cet été, Tisséo avait montré un visage plutôt optimiste pour les dernières phases des travaux pour le téléphérique de Toulouse. Selon les responsables, la mise en service devait être programmée avant la fin de l’année. D’ailleurs, en ce moment, les machines sont en phase de test, avec le passage en revue de la motorisation, des pinces des cabines, des dispositifs de sécurité… Une fois les essais terminés, un contrôle minutieux sera réalisé par le STRMTG (Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés).

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Un retard assumé par Tisséo

Le plus long téléphérique de France, s’étendant sur un trajet de 3 km, pourra permettre à des milliers d’usagers de gagner énormément de temps au quotidien. Le chantier avait démarré en 2019, et beaucoup attendent avec impatience la mise en service du Téléo. Le président de Tisséo assume la décision de repousser la mise en service du téléphérique. Il précise qu’il est important de ne pas se précipiter sous peine de faire la même erreur que pour le téléphérique à Brest. Ce dernier a malheureusement connu plusieurs incidents techniques et en rencontre encore aujourd’hui. Jean-Michel Lattes précise que ce qu’il veut avant tout c’est avoir un système qui soit fiable à 100 % et qui affiche de belles performances dans le temps.

Pourquoi repousser la mise en service du Téléo ?

Rappelons qu’un premier retard a déjà été enregistré dans la progression du chantier du Téléo dès la genèse du projet. À l’époque, le personnel et les parents d’élèves du lycée Bellevue avaient refusé que le bâtiment soit survolé par les cabines. Au final, ce refus a poussé Tisséo à déplacer le terminus du téléphérique près de la station multimodale d’UPS. Cette opération « imprévue » a engrangé un surcoût colossal du projet, à hauteur de 63 millions d’euros.

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Le vice-président de Poma, Francis Charamel, a précisé que parmi les causes du retard de la mise en service du Téléo, la crise mondiale a joué un rôle très important. Les constructeurs engagés pour le projet rencontrent des difficultés à s’approvisionner en matières premières, notamment en ce qui concerne certains équipements électroniques.

Cependant, la version officielle met en avant la volonté du groupe à présenter et à offrir aux usagers un appareil qui fonctionne parfaitement et qui ne présente aucun risque.

Une facture qui monte progressivement

La facture du téléphérique toulousain s’élève actuellement à 82 millions, en plus des 2 millions d’euros annuels sur une période de 20 ans prévus pour les travaux de maintenance. Ces derniers seront assurés par Altiservice et le constructeur Poma. Il est important de souligner qu’il n’est pas impossible que la facture gonfle encore avec cette prolongation de quelques mois.

Les surcoûts enregistrés pour ce projet sont essentiellement dû aux changements majeurs qui ont été faits. De prime abord, le choix de la technologie 3S. Ce système innovant garantit un meilleur confort d’utilisation et des performances plus grandes, mais coûte aussi très cher. Par la suite, on notera aussi la modification des plans initiaux, comme nous l’avons précisé un peu plus tôt (à hauteur de 10 millions d’euros).

Un objectif basé sur la fréquentation maximale

Voilà un sujet que le président de Tisséo a toujours souhaité clarifier. Il a précisé à de nombreuses occasions que la notion de rentabilité n’a pas sa place dans le secteur des transports publics. Il rappelle à tous que l’enjeu du groupe est de miser sur la rentabilité maximum de la fréquentation. Aujourd’hui, le réseau des transports en commun dans la Ville Rose a décidé de définir son objectif à 8 000 usagers quotidiens. Jean-Michel Lattes explique que si la demande se fait vraiment ressentir, il sera possible d’augmenter la capacité. En effet, le téléphérique toulousain qui va bientôt être mis en service sera capable d’accueillir jusqu’à 1 500 personnes par heure et par sens.

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Dans l’attente des autorisations et des essais

La première phase de test a pu se dérouler sans encombre durant cet été. Elle comprend les questions mécaniques et de sécurité. Une fois le contrôle technique passé, la marche à blanc pourra avoir lieu (certainement au début de l’année prochaine). Comme son nom l’indique, cette deuxième phase n’inclura aucun voyageur. Les cabines du téléphérique transporteront des barils remplis d’eau pour la simulation. Le contrôle de l’État constituera la prochaine étape du processus pour l’obtention d’une autorisation complémentaire. Une fois tout cela réglé, le Préfet pourra prendre une décision sur la date de la mise en service.

La capacité maximum du téléphérique toulousain est de 3 000 voyageurs par heure. Téléo pourra fonctionner dès 5h15 du matin jusqu’à minuit. D’après les dernières informations, la fréquence sera maintenue à une cabine chaque minute et demie. La vitesse de croisière du téléphérique ne dépassera pas 25 km/h, ce qui signifie qu’il faudra au maximum 10 minutes pour faire la liaison entre l’Oncopole et l’Université Paul Sabatier. Précisons qu’actuellement, il faut environ 45 minutes pour faire ce même trajet en voiture ou en bus.