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Qu'attendre de la nouvelle norme RE2020 ?

La norme RE2020, déposée par le gouvernement pour remplacer l’actuelle RT2012 (Réglementation Thermique 2012), vise à rendre les prochaines constructions plus respectueuses de l’environnement. Cette nouvelle réglementation entrera en vigueur en janvier 2022 et concernera, de manière progressive, les logements individuels, les logements collectifs, mais aussi les bâtiments du secteur tertiaire. Les professionnels qui œuvrent sur le marché de l'immobilier neuf à Toulouse et partout en France devront ainsi s’approprier de nombreuses règles strictes de cette norme environnementale dont le calendrier de mise en application s’étalera jusqu’en 2030. Faisons le point sur les différents composants de la RE2020.

RE2020 : une application progressive dès 2022

Un texte de loi est paru pour la mise en application de la RE2020 prévue en janvier 2022: le décret n°2021-1004 du 29 juillet 2021. Ce dernier concerne les exigences de performance énergétique et environnementale des constructions. Toute la filière du bâtiment attendait avec impatience ce décret qui va conditionner la construction neuve en France métropolitaine : maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, fabricants, bureaux de contrôles…

La nouvelle réglementation environnementale s’étalera jusqu’en 2030. Dans un premier temps, celle-ci ne s’appliquera qu’aux logements, bureaux et certains bâtiments d’enseignements, notamment pour les constructions dont le permis de construire a été déposé avant l’entrée en vigueur de la norme.

  • À partir du 1er janvier 2022 : pour les bâtiments d’habitation (ou partie de bâtiments à usage d’habitation) ;
  • À partir du 1er juillet 2022 : pour les bureaux, les bâtiments d’enseignement primaire et secondaire (les extensions comprises) ;
  • À partir du 1er janvier 2023 : pour les extensions des bâtiments ci-avant et les bâtiments provisoires.

Dans sa « section 2 », la norme RE2020 fixe les exigences en matières d'énergie et d'environnement pour les hôtels, les bâtiments universitaires, établissements de santé, bâtiments industriels, commerces, services et bâtiments dédiés aux séniors. Un arrêté ministériel fixera les exigences et la méthode de calcul pour chaque catégorie de bâtiments.

Quelles sont les priorités de la RE2020 ?

© Andrey_Popov - shutterstock

Le respect des engagements pris dans le cadre de la lutte contre le changement climatique suppose que l’Hexagone atteigne la neutralité carbone à l’horizon 2050. Agir sur les émissions des bâtiments représentant le plus d’émissions de gaz à effet de serre constitue l’un des principaux leviers, qu’il s’agisse de bâtiments du secteur résidentiel ou tertiaire. Les priorités de la norme RE2020, ambitieuse et plus exigeante, sont donc :

  • La diminution de l’impact sur le climat des bâtiments neufs : il s’agit de prendre en compte l’ensemble des émissions du bien immobilier sur son cycle de vie, et ce, dès sa construction.
  • L’amélioration de la performance énergétique et la baisse des consommations énergétiques des bâtiments neufs : il s’agit de poursuivre cette amélioration, en allant au-delà de la norme actuelle et en renforçant l’indicateur Bbio ou besoin bioclimatique.
  • L’introduction d’un objectif « confort d’été » : il s’agit de garantir aux habitants de la conformité de leur logement par rapport aux conditions climatiques futures. Les constructions neuves devront ainsi afficher une meilleure résistance face aux épisodes de canicule qui seront plus intenses et beaucoup plus fréquents en raison du changement climatique.

Les six indicateurs de la nouvelle réglementation thermique

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Pour maîtriser les coûts de construction, tout en garantissant la montée en compétence des acteurs dans le domaine, la norme RE2020 repose sur une transformation progressive des diverses techniques de construction, des solutions énergétiques, mais aussi des filières industrielles. À partir de 2016, une expérimentation (nommée E+C) avait été mise en place pour tester les différentes hypothèses à prendre en considération dans le cadre de cette norme environnementale.

La norme RE2020 est composée de six indicateurs principaux qui sont orientés principalement vers l’énergie, le contenu carbone et le confort d’été. Le Bbio, ou besoin bioclimatique, et la Cep, ou consommation d’énergie primaire (calculé en kWh/m2/an), qui existent actuellement seront plus exigeants. Le nouvel indicateur sera axé vers la consommation d’énergie primaire non renouvelable. Celui-ci, comme son nom l’indique, se concentrera donc sur la partie non renouvelable des consommations d’énergie. Le confort d’été deviendra également plus exigeant et se calculera en degrés par heure (le seuil est fixé à 350 DH). Les résultats indiqueront l’inconfort en fonction de la chaleur au sein du logement, mais aussi la durée de cet inconfort.

Les deux autres nouveaux indicateurs de la nouvelle réglementation sont deux indices carbones qui se mesurent en kg (équivalent CO2/m2) et se calculent sur 50 ans, par rapport à la durée de vie du bâtiment.

La notion de calcul du cycle de vie des matériaux a été introduite dans la norme RE2020. Cette dernière privilégie les matériaux biosourcés tels que : le parquet, le lambris, la structure bois, la cellulose, les fibres de bois, le liège, le chanvre… Le béton et l’acier seront ainsi mis de côté, mais de façon progressive pour que les professionnels puissent s’adapter.

Les inquiétudes des acteurs du secteur

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La diminution de l’empreinte carbone demeure l’une des plus grandes inquiétudes des maîtres d’ouvrage alors que la réglementation environnementale entrera en vigueur dans quatre mois. Le directeur technique et innovation de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers), Frank Hovorka, a affirmé que « la FPI ne s’estime pas prête ». « Il va falloir absorber cette nouvelle dimension qu’est le poids carbone, sachant qu’il ne se mesure pas », a-t-il pointé lors d’une table ronde. Les acteurs du secteur bâtiment continuent également de soulever des interrogations par rapport à cette nouvelle norme RE2020 malgré les différentes phases d’expérimentation E+C (Énergie-carbone) qui ont été menées depuis 2016.

Les craintes et interrogations sont surtout au niveau des surcoûts et des exigences. « La réforme liée à la RE2020 est considérable techniquement et économiquement », selon le délégué général du pôle habitat de la FFB (Fédération française du bâtiment), Christophe Boucaux.

« Il n'est pas évident de se contenter d’ajouter une technologie pour répondre à un calcul conventionnel, au risque d’observer des dysfonctionnements importants et au risque que la qualité d’usage et les performances requises par la RE2020 ne soient pas au rendez-vous pour les acquéreurs de logements ». a t-il ajouté

Par ailleurs, ces professionnels traversent une période difficile avec l’offre qui ne cesse de diminuer sur le marché du logement neuf. M. Boucaux rappelle que les « hausses de prix des matériaux de construction sont très importantes » et que la nouvelle réglementation engendrera d’autres surcoûts.

Des formations spécifiques dédiées aux professionnels du bâtiment

Des formations spécifiques composées de deux modules seront proposées aux professionnels dans le domaine de la construction avant l’entrée en vigueur de la norme RE2020. C’est le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) qui prendra en charge ces formations. Ces dernières seront accessibles dès le mois d’octobre et ont pour but d’aider les acteurs du bâtiment à bien cerner tous les détails de cette nouvelle norme.

Sont donc concernés par ces formations les maîtres d’ouvrages, les architectes, les constructeurs, les économistes du bâtiment et les promoteurs. Des journées de sensibilisation vont être organisées dans le Rhône, le 21 octobre, et à Nantes, le 30 novembre. Le Cerema explique, dans un communiqué, que ces journées ont pour objectif de « prendre en compte les enjeux et exigences de la RE2020 ». Deux journées de perfectionnement viendront également compléter les formations. Elles auront lieu à Lille, le mardi 25 et le mercredi 26 janvier 2022.