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Transports à Toulouse : quels sont les projets en route ?

Toulouse Métropole va se transformer en capitale des transports le temps d’un week-end, les 28, 29 et 30 septembre 2021. Organisé au MEETT, le congrès du Groupement des Autorités Responsables de Transports (GART) regroupe quelques 200 acteurs des mobilités. Un congrès bien évidemment axé sur les enjeux liés aux transports, mais également sur les conséquences de la crise de la Covid 19 pour le secteur.

Un rassemblement au sommet qui permettra également de présenter les toutes dernières innovations en matière de mobilités et de tout ce qui tourne autour de l’utilisation des usagers : bus nouvelles générations, innovations numériques, billettique... Parmi cette valse de nouveautés, Téléo, le nouveau téléphérique urbain Toulousain, pourrait bien être mis sous les feux des projecteurs. Plus long téléphérique urbain de France, il sera mis en service en cette fin d’année 2021 et marque la fin de l’un des gros projets de transports de Toulouse Métropole.

D’autres projets importants de transports en commun sont en route à Toulouse. Des nouveautés qui devraient permettre de développer le nombre de programmes neufs à Toulouse et en périphérie. Retour sur les grands projets de mobilité qui vont essaimer Toulouse Métropole dans les années à venir et sur leurs enjeux.

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Quels sont les grands projets de transports en commun à Toulouse ?

Afin de renforcer le maillage de Toulouse Métropole, Tisséo collectivités prévoyait d’importants projets de transports en commun dans son Plan de déplacements urbains (PDU), validé en 2018. Bien que celui-ci ait été annulé par le Tribunal administratif de Toulouse il y a quelques mois, plusieurs nouveautés sont toujours à l’ordre du jour :

  • La troisième ligne de métro, Toulouse Aerospace Express
  • Le téléphérique urbain Téléo
  • L’extension du réseau de bus Tisseo aux communes de la Métropole
  • La création d’un Réseau Express Vélo

Retour en détail sur les grands projets de transports en commun qui vont transformer le visage de Toulouse dans les prochains mois et prochaines années.

Le téléphérique urbain Téléo

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Il est le tout prochain projet à entrer en service à Toulouse. Le téléphérique urbain Téléo est actuellement en phase de test et ses cabines ont survolé les collines de Pech David pour la première fois fin juillet. Après plusieurs retards, Téléo devrait pouvoir accueillir ses premiers voyageurs fin décembre 2021. Avec ses 3 kilomètres de long, il est le plus long téléphérique urbain de France. Mais surtout, il va permettre de transporter en moyenne 8 000 voyageurs par jour.

Ce nouveau mode de transport toulousain a été pensé pour faciliter la circulation entre les différentes entités de ce qui constitue l’un des plus grands pôles hospitaliers de Toulouse. En seulement 10 minutes, il permettra de se rendre de l’Université Paul Sabatier à l’Oncopole, en passant par Rangueil, permettant ainsi une liaison avec la ligne B du métro. Plusieurs autres liaisons, notamment avec de nombreuses lignes de bus et pistes cyclables seront accessibles depuis les nouvelles stations du téléphérique. Un parking relais de 500 places est également en création au niveau de la station Oncopole.

La troisième ligne de métro

Projet phare du mandat de Jean-Luc Moudenc, la troisième ligne de métro est une promesse qui n’en finit pas de trainer en longueur. Initialement prévue pour 2025, la nouvelle ligne, baptisée Toulouse Aerospace Express, entrera finalement en service en 2028. Son point fort ? Elle permettra de relier les communes du Nord-Ouest de Toulouse à celles du Sud-Est, en passant par le centre de la Ville Rose. Un trajet jusqu’ici difficilement réalisable mais qui rattache pourtant les différents pôles du bassin d’emploi aéronautique.

La ligne TAE reliera en moins de 40 minutes la gare de Colomiers et la gare de Labège, en passant par la gare Matabiau, François Verdier et La Vache. Elle desservira également des quartiers “oubliés” du métro comme Bonnefoy, les Ponts Jumeaux, la Côte Pavée ou La Terrasse.

En supplément de la troisième ligne de métro, deux autres projets viendront compléter l’offre de transports toulousaine : l’allongement de la ligne B, entre son terminus actuel “Ramonville” et la nouvelle station de la ligne TAE “Institut National Polytechnique”. Une nouvelle station sera également créée entre les deux. Du côté de Blagnac, une correspondance se fera au niveau de la nouvelle station Jean Maga, permettant d’augmenter la fréquence de desserte de l’aéroport à 5 minutes au lieu des 15 minutes actuelles.

Le RER Toulousain, un projet au point mort ?

Autre projet qui pourrait venir structurer le réseau de transports en commun de Toulouse Métropole, le RER toulousain défendu par le collectif “Rallumons l’étoile” semble cependant bien moins aboutit que les autres projets sur la table. La création d’un RER toulousain permettrait pourtant de réduire le trafic routier, en centre-ville comme en périphérie, et de mieux relier les communes périurbaines à Toulouse.

Soutenu par 64 communes, le projet peine à avancer du fait de contraintes techniques notamment. Plusieurs infrastructures qui permettraient de mettre sur rail le RER sont en effet à ce jour déjà saturées, rendant le projet difficilement réalisable. En ce sens, l’arrivée de la LGV Toulouse-Bordeaux pourrait probablement débloquer la situation, puisqu'elle implique le doublement de 19 km de voies.

Voies qui pourraient être utilisées pour créer le RER Nord de Toulouse, un premier pas peut-être vers le RER en étoile voulu par le collectif. Cette première section, longue de 21km, desservirait 7 gares, de Toulouse Matabiau à Castelnau-d'Estrétefonds, au Nord de la Ville Rose. Les gares de Saint-Jory, Fenouillet-Saint-Alban, Lacourtensourt, Lalande-Eglise et Route de Launaguet seraient également desservie. La gare de Route de Launaguet serait par ailleurs légèrement déplacée afin de pouvoir assurer une liaison visible avec la station de métro La Vache sur la ligne B (et la future ligne TAE). Saint-Jory se retrouverait ainsi à seulement 20 minutes de Toulouse Matabiau. Côté fréquence, la mise en place de ce RER permettrait une meilleure cadence de desserte : 4 trains par heure en heures de pointe.

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Les enjeux des projets de transports à Toulouse

Ces trois grands projets mobilité, structurants pour Toulouse et la métropole, sont révélateurs de certains enjeux jusque-là laissés de côté. Réseau de transports en commun insuffisamment développé en périurbain, engorgement du périphérique et du centre-ville, mauvaise desserte des bassins d’emploi... Quelques-unes des préoccupations des métropolitains auxquelles vont devoir répondre les acteurs de la mobilité toulousains.

Des transports plus performants pour limiter l’utilisation de la voiture

L’un des enjeux majeurs de la mise en service de nouveaux modes de transports en commun est bien sûr de réduire l’utilisation de la voiture, non seulement en centre-ville, mais aussi en périphérie. En ce sens, le téléphérique urbain et la troisième ligne de métro devraient permettre aux travailleurs venant de la périphérie de Toulouse de laisser leur voiture au repos. En desservant des zones naturellement très encombrées comme Colomiers, Saint-Martin-du-Touch ou Labège, la ligne TAE devrait permettre de soulager un peu la circulation sur certains axes routiers très fréquentés.

Sur la RN124, l’axe Toulouse-Auch, les bouchons aux heures de pointe ont repris dès le début du mois de septembre après un été beaucoup moins encombré. Desservi uniquement par le TER, cet axe dessert pourtant les sites Airbus de Colomiers et Saint-Martin-du-Touch et est donc très propice aux embouteillages. Même constat du côté de Muret, de La Cépière ou de Sesquières. Et globalement sur une grande partie du périphérique toulousain, les conditions de circulation sont de plus en plus compliquées chaque année. Il faut dire qu’en accueillant tous les ans 10 000 nouveaux habitants, l’agglomération toulousaine n’a que très peu de chance d’échapper à la saturation routière.

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Adoucir le passage à la ZFE

Le développement du réseau de transports en commun de Toulouse Métropole répond également à un autre enjeu majeur, la question écologique. Naturellement, plus le réseau est efficace et structuré, plus les automobilistes vont être tentés de laisser leur voiture au garage. Ce qui aura bien sûr un impact évident sur les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi sur la pollution sonore.

La mise en service de nouveaux modes de transports permettra en même temps d’adoucir le passage à la ZFE (Zone à Faible Emission) d’ici à 2025. En bannissant du centre-ville, mais aussi d’une partie du périphérique, les véhicules les plus polluants, cette mesure risque en effet d’exclure une grande partie des personnes habitant en périphérie de Toulouse et qui n’ont d’autres choix que de se rendre au travail en voiture. Le réseau de transports en commun devra donc s’afférer à répondre efficacement à ce nouveau défi.

"Toulouse a besoin de mailler le territoire, d'anticiper la circulation, la ZFE va entraîner une appétence pour les transports en commun que nous sommes disposés à accompagner par l'amélioration des dessertes. Nous l'avons déjà fait en augmentant la capacité (c'est-à-dire le nombre de trains et de rames) de 45% entre 2016 et 2021 et nous continuons".

Jean-Luc Gibelin, vice-président du Conseil régional en charge des mobilités pour tous et des infrastructures de transport

Une meilleure circulation entre Toulouse et sa périphérie

Autre enjeu majeur : relier plus efficacement Toulouse à sa périphérie. En plus de limiter les embouteillages, un meilleur maillage du réseau de transport permettra une circulation plus efficace, et devrait à termes participer au dynamisme de Toulouse Métropole.

Car si l’on y regarde de plus près, les bassins d’emplois toulousain sont actuellement assez peu desservis par les transports en commun. Les différents pôles d’Airbus par exemple, situés à Colomiers, Blagnac, Cornebarrieu ou Saint-Martin-du-Touch par exemple, ne sont que très peu desservis par le réseau Tisséo.

Raison pour laquelle la régie de transports a, dès cette année, décidé de renforcer son service, avec notamment des lignes emplois, spécialement dédiées aux travailleurs des bassins d’activités toulousains. Deux de ces lignes ont déjà été mises en service afin de permettre une meilleure desserte de la zone aéroportuaire de Blagnac, et la ligne 25, reliant l’Oncopole à la gare de Colomiers a quant à elle accueilli ses premiers voyageurs au mois de septembre.

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En plus de ces lignes de bus dédiées aux travailleurs des bassins d’activité toulousains, Toulouse Métropole entend également développer un Réseau Express Vélo, afin d’inciter les travailleurs à se rendre de leur logement à leur entreprise autrement qu’en voiture. Se seront donc en tout 13 lignes qui verront le jour afin de relier les différentes villes de la Métropole via des pistes cyclables.